I - Les faits
El Niño (que l’on appelle aussi ENSO [El Niño-Southern
Oscillation]), c’est un phénomène climatique dont on parle de plus en plus souvent pour souligner le chamboulement climatique à l’échelle de la planète.
Pour prendre un cas précis, observons 3 paramètres au Pérou :
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- Le graphique ci-dessus montre que certaines années, et de manière assez
régulière, la température moyenne annuelle à la surface de l’eau au Pérou est significativement plus chaude (1972, 1976, 1982, 1987).
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- Le graphique ci-dessus montre que la moyenne de la pression atmosphérique
relevée au niveau de la mer au Pérou est plus élevée certaines années et encore une fois de manière assez régulière (1972, 1976, 1977, 1982, 1987).
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- Le graphique ci-dessus montre enfin que les précipitations moyennes au
Pérou sont plus importantes certaines années et là encore de manière très significative (1972, 1976, 1982, 1987).
En analysant ces 3 paramètres différents, on se rend compte que, épisodiquement, le temps change complètement au Pérou et que cela se produit régulièrement (tous les 4 ou 6 ans).
II -
L'explication du phénomène El Niño
Le phénomène El Niño se situe dans l’hémisphère sud [Océan Pacifique sud] entre l’Australie et l’Indonésie d’un côté et le Pérou et l’Equateur de l’autre.
Pour bien comprendre le phénomène El Niño, nous allons tout d’abord nous
intéresser à la situation climatique que l’on peut qualifier de ‘’normale’’ de la zone Pacifique sud.
Comme le montre le schéma, il existe une différence de pression entre la côte Pacifique est (zone de hautes pressions) et la côte Pacifique
ouest (zone de basses pressions). Or, il faut savoir que la vitesse des vents est proportionnelle à la différence de pression entre deux points distincts : plus la différence est
grande, plus la vitesse des vents est importante. De plus les vents se dirigent presque toujours des zones de hautes pressions vers les basses pressions.
La différence de pression entre les deux côtes du Pacifique permet aux alizés
de se diriger vers l’ouest en apportant des côtes du Pérou et de l’Equateur de l’air sec et chaud. Ces vents alizés en traversant le Pacifique vont peu à peu se charger en humidité
par évaporation, les eaux chaudes favorisant l’évaporation. Cet air humide et chaud provoque des précipitations abondantes en Indonésie et en Australie.
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Par ailleurs ces forts vents alizés
poussent l’eau de l’océan vers l’ouest. Ainsi, il y a une ‘’accumulation d’eau’’ sur les côtes est de l’Indonésie et de l’Australie : le niveau marin y est 50 cm plus
important que sur les côtes du Pérou et de l’Equateur.
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L’eau de surface sur la côte ouest est
bien plus chaude que sur la côte est (en moyenne, il y a une différence de 8/9°C) et l’épaisseur de cette eau de surface chaude est si importante, du fait du phénomène d’accumulation
des eaux, qu’elle s’enfonce en profondeur. Ainsi, l’épaisseur d’eau chaude sur la côte ouest est bien plus importante que sur la côte est.
En termes scientifiques, on appelle thermocline le niveau marin où se crée une rupture de température entre 2 ‘’couches’’ de l’océan (schématiquement, c'est-à-dire que
la ‘’couche’’ située ‘’au dessus’’ de la thermocline est bien plus chaude que celle qui se trouve ‘’en dessous’’. Et bien cette thermocline est, d’après ce qui précède, bien
plus basse près des côtes du Pacifique Ouest par rapport aux côtes du Pacifique Est. C’est ce que l’on peut voir sur le schéma.
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On a alors un courant sous-marin
qui se crée et qui fait remonter de l’eau froide située initialement en profondeur, ce que l’on appelle le phénomène
d’upwelling. Et ce phénomène provoque une situation opposée avec ce qui se passe sur la côte ouest puisque comme de l’eau froide remonte des profondeurs, la thermocline
s’élève.
Maintenant, intéressons-nous à la situation climatique que l’on appelle ‘’ El
Niño’’ qui correspond à la situation lorsque le fonctionnement climatique de la zone est complètement perturbé, l’équilibre est rompu :
On observe une hausse de la
pression atmosphérique au niveau de l’Australie et de l’Indonésie. Ainsi, la différence de pression entre la côte Pacifique ouest et la côte Pacifique est n’est plus aussi prononcée
ce qui entraine un affaiblissement des alizés.
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Cet affaiblissement des alizés a pour
conséquence immédiate le déplacement des pluies plus à l’est sur le Pacifique central. Les côtes est de l’Australie et de l’Indonésie connaissent alors des périodes de
grandes sécheresses.
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L’affaiblissement des alizés a aussi
pour conséquence de supprimer l’accumulation d’eau chaude sur les côtes du Pacifique ouest. Il n’y a donc pas de courant descendant qui se crée ni d’abaissement de la
thermocline comme cela est le cas en situation ‘’normale’’. Et cela empêche le phénomène d’upwelling qui fait remonter de l’eau froide en surface sur les côtes du Pérou ou de
l’Equateur : l’eau en surface est plus chaude que la normale et cela sur une épaisseur plus importante sur les côtes est du Pacifique.
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Comme les eaux chaudes favorisent
l'évaporation, des précipitations abondantes s’abattent sur les côtes est du Pacifique jusqu’au centre de l’Océan Pacifique.
NB : le phénomène appelé ‘’La Niña’’ est caractérisé par une
amplification de la période ‘’normale’’ : un refroidissement plus important des eaux du Pacifique est, des vents alizés plus soutenus. Cette situation s’explique
par une différence de pression encore plus importante qu’en période ‘’normale’’ entre le Pacifique Ouest (basses pressions) et le Pacifique Est (hautes pressions).
la plus haute en altitude de l’atmosphère. La température augmente avec l’altitude et la pression y est presque nulle.
III -
Les causes du phénomène El Niño
Les causes de ce phénomène ne sont pas encore bien définies par les scientifiques.
Néanmoins, ce phénomène serait du à l’affaiblissement de l’anticyclone normalement centré sur le Pacifique sud et qui, en temps normal, favorise la circulation rapide des
alizés.
En effet, il faut savoir que les alizés se déplacent des zones de hautes pressions vers les zones de basses pressions et généralement de l’est vers l’ouest
contrairement au régime de vents que nous connaissons en France.
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Le schéma montre bien qu’en temps ‘’normal’’, la présence d’un anticyclone puissant sur le sud du Pacifique et d’un autre au large de la Californie permet la circulation des alizés du
Sud-est Pacifique jusqu’en Australie et en Indonésie où les pressions sont relativement basses.
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L’affaiblissement de l’anticyclone au sud du Pacifique diminuerait ainsi
l’intensité des alizés.
La question est maintenant de savoir pourquoi cet affaiblissement de l’anticyclone a lieu de manière aussi périodique, prononcée et temporaire.
Car il le phénomène El Niño est bien périodique comme le montre les schéma du début du dossier : 1972, 1976, 1982, 1987, 1997, 2002 sont les années où le phénomène El Niño a
sans doute été le plus actif. Le phénomène s’étale sur 12 à 18 mois en moyenne en débutant au printemps et en s’achevant à l’automne de l’année suivante.
IV -
Les conséquences du phénomène El Niño
Les conséquences premières concernent les pays qui bordent les côtes du Pacifique Sud, là où se produit le phénomène El Niño.
Le climat est totalement bouleversé : pluies abondantes voire diluviennes au Pérou qui provoquent des inondations périodiques. En mai-juin 2002, des pluies diluviennes ont frappé
le Chili provoquant la mort de nombreuses personnes. Au contraire, l’Australie et l’Indonésie font face à des périodes de sécheresses extrêmes comme à la fin de l’année 2002 où
l’Australie a subi la pire sécheresse de son histoire depuis plus d’un siècle en mettant à mal toute la production agricole.
13 milliards de dollars, c’est le montant des dommages causés par le phénomène El Niño au Pérou et en Equateur pour l’épisode
1982-1983.
Pire encore, c’est toute la biodiversité qui est mise en danger par le phénomène El Niño. En effet, le phénomène d’upwelling que nous avons évoqué un peu plus haut (remontée
d’eaux froides sur les côtes est du Pacifique) et qui se manifeste en période ‘’normale’’ apporte des nutriments essentiels à la vie de la faune marine. Le phénomène El Niño met
fin à ce courant marin : l’océan se réchauffe en surface et on observe une diminution très importante du stock de poissons au large des côtes du Pérou, de l’Equateur ou du Chili.
El Niño perturbe le fonctionnement climatique de la zone équateur du Pacifique mais, plus que ça, El Niño semble influencer le climat de la planète toute entière : les courants
marins et atmosphériques à la surface du globe sont perturbés ce. En effet, les scientifiques s’accordent de plus en plus pour corréler divers évènements climatiques mondiaux au phénomène
: la douceur des hivers au Canada, vagues de froid aux Etats-Unis …
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